Sécurité

Affichage obligatoire des numéros d'urgence en restaurant

Tout établissement recevant du public, y compris les restaurants et bars, doit afficher de manière visible les numéros d'urgence. Cette obligation relève à la fois du droit du travail (protection des salariés) et de la sécurité des établissements recevant du public (ERP).

Texte de référence revérifié sur Légifrance le 30 juillet 2026.

Base légale

Articles R4224-16 et R4224-14 du Code du travail (consignes et matériel de premiers secours)

Numéros à afficher obligatoirement

Les numéros suivants doivent être affichés : le 15 (SAMU – urgences médicales), le 18 (Pompiers – incendie et secours), le 17 (Police / Gendarmerie), le 112 (Numéro d'urgence européen), le 114 (Numéro d'urgence par SMS pour les personnes sourdes et malentendantes). Il est également recommandé d'afficher le numéro du centre antipoison le plus proche.

Où afficher ?

Les numéros d'urgence doivent être affichés dans des endroits facilement accessibles et visibles : à proximité du téléphone fixe de l'établissement, en cuisine, dans la salle de restaurant, dans les locaux du personnel, et à proximité de la trousse de premiers secours. Il est recommandé de placer l'affiche à hauteur des yeux.

Informations complémentaires recommandées

En plus des numéros d'urgence, il est recommandé d'afficher : l'adresse exacte de l'établissement (pour la communiquer rapidement aux secours), le nom et les coordonnées du médecin du travail, l'emplacement de la trousse de premiers secours, et la liste des sauveteurs secouristes du travail (SST) présents dans l'établissement.

Obligations employeur

L'article R4224-16 du Code du travail impose à l'employeur de mettre en place les moyens de secours et de premiers soins. Cela inclut l'affichage des numéros d'urgence, la disponibilité d'une trousse de premiers secours, et la formation de personnel aux premiers secours. Dans un restaurant, au moins un membre du personnel devrait être formé au PSC1 ou SST.

Sanctions encourues

Amende de 1 500 € en cas de contrôle de l'inspection du travail.

En résumé : ce que le Code du travail vous demande n'est pas « d'écrire trois numéros », c'est d'organiser les secours. Concrètement, un affichage réunissant les numéros d'urgence (15, 18, 17, 112, 114), l'adresse exacte de l'établissement à donner aux secours, l'emplacement de la trousse de premiers secours et le nom des salariés formés. Le tout consigné dans un document tenu à la disposition de l'inspection du travail (article R4224-16).

Les numéros à afficher, et ce que chacun couvre

Cinq numéros forment le socle obligatoire, deux autres complètent utilement l'affiche selon votre activité. La colonne « usage » est là pour éviter l'erreur la plus fréquente en situation de stress : appeler le mauvais service et perdre de précieuses minutes.

Numéros d'urgence à afficher dans un restaurant, service correspondant et usage
NuméroServiceQuand l'appelerStatut
15SAMUUrgence médicale : malaise, blessure grave, détresse d'un client ou d'un salarié.Socle
18Sapeurs-pompiersIncendie, fuite de gaz, accident, secours d'urgence. Central en cuisine.Socle
17Police / GendarmerieTrouble, agression, vol, atteinte aux personnes ou aux biens.Socle
112Urgence européenneNuméro unique joignable depuis tout mobile, y compris sans réseau opérateur. Redirige vers le bon service.Socle
114Personnes sourdes et malentendantesAlerte par SMS, tchat ou visio, puis relais vers le 15, 17 ou 18. Le plus souvent oublié.Socle
115Samu socialPersonne sans abri en détresse. Utile pour les établissements de nuit.Recommandé
Centre antipoisonRégionalIngestion ou contact avec un produit toxique (détergents, produits d'entretien en cuisine). Numéro propre à votre région.Recommandé

Le 112 et le 114 sont ceux qui manquent le plus souvent sur les affiches vendues toutes faites. Le premier fonctionne depuis n'importe quel mobile, même sans réseau de l'opérateur ; le second permet à une personne sourde ou malentendante d'alerter les secours par SMS. Les oublier, c'est priver une partie de vos clients et de votre personnel d'un moyen d'alerte.

Ce que la loi demande vraiment : organiser l'alerte, pas lister des chiffres

L'article R4224-16 du Code du travail impose à l'employeur, après avis du médecin du travail, de prendre les mesures nécessaires pour assurer les premiers secours, en liaison avec les services d'urgence extérieurs, et de consigner cette organisation dans un document tenu à la disposition de l'inspection du travail. Autrement dit, la vraie obligation n'est pas décorative : c'est de rendre l'alerte possible et rapide. L'affichage en est la mise en œuvre visible.

Cette organisation s'articule avec deux autres obligations du même code, souvent traitées séparément alors qu'elles se répondent :

  • Le matériel de premiers secours signalé (article R4224-14) : une trousse de secours adaptée, accessible, dont l'emplacement fait l'objet d'une signalisation. L'affiche des numéros indique logiquement où elle se trouve.
  • Les consignes de sécurité incendie affichées (articles R4227-37 et suivants) : elles indiquent le matériel d'extinction, les responsables et les moyens d'alerte des secours. C'est le seul volet dont l'affichage est expressément exigé par le texte, ce qui en fait le point d'ancrage de votre affiche « urgences ».

La procédure d'alerte à afficher à côté des numéros

Un numéro sans procédure ne sert à rien à 22h un soir de coup de feu. L'affiche utile — et conforme à l'esprit de R4224-16 — réunit ces trois blocs :

  1. L'adresse exacte de l'établissement : numéro, rue, commune, et l'accès précis (étage, code, entrée de service). C'est la première chose que demandent les secours, et celle qu'on oublie sous le stress.
  2. Les informations à transmettre : nature de l'urgence, nombre et état des victimes, risques particuliers (gaz, feu), et la consigne de ne jamais raccrocher avant l'accord de l'opérateur.
  3. Les ressources internes : emplacement de la trousse de premiers secours et du défibrillateur (DAE) s'il existe, et le nom des salariés formés au secourisme (SST ou PSC1) présents dans l'établissement.

Qui est concerné, et où l'afficher

L'obligation du Code du travail vise l'employeur : elle s'applique dès le premier salarié. Un restaurant exploité seul, sans personnel, n'y est pas soumis au titre du droit du travail — mais reste un établissement recevant du public tenu de connaître et de signaler les moyens d'alerte des secours, ne serait-ce que pour un malaise en salle. L'affichage reste donc recommandé dans tous les cas.

Côté emplacement, on affiche là où l'on donnera l'alerte : à proximité du téléphone, en cuisine (zone à risque : brûlures, coupures, produits d'entretien), près de la trousse de secours, et dans le local du personnel. À hauteur de regard, et sans le cacher derrière une porte ouverte ou une étagère.

La sanction

Le manquement aux obligations de santé et de sécurité relève de la contravention de 5e classe : 1 500 € d'amende, portée à 3 000 € en cas de récidive, et appréciée par salarié concerné. C'est l'inspection du travail qui la constate. Au-delà du montant, ne pas avoir organisé l'alerte peut peser lourd si un accident survient sans que les secours aient pu être prévenus à temps.

Les affichages de sécurité qui vont avec

Les numéros d'urgence ne voyagent jamais seuls : l'inspecteur qui les vérifie regarde en général les autres affichages du personnel dans la foulée.

Pour vérifier d'un coup l'ensemble de vos obligations, passez par notre diagnostic de conformité du restaurant : il vous donne votre liste exacte, l'amende par document manquant et l'article de loi.

Questions fréquentes sur l'affichage des numéros d'urgence

Cinq numéros forment le socle : le 15 (SAMU, urgences médicales), le 18 (sapeurs-pompiers, incendie et secours), le 17 (police-secours et gendarmerie), le 112 (numéro d'urgence unique européen, joignable depuis n'importe quel mobile) et le 114 (accessible par SMS et tchat aux personnes sourdes et malentendantes). On y ajoute utilement le numéro du centre antipoison de sa région et, en établissement de nuit, le 115 (Samu social).
Oui, dès que vous employez du personnel. L'article R4224-16 du Code du travail impose à l'employeur d'organiser les secours en liaison avec les services d'urgence extérieurs et de consigner cette organisation dans un document tenu à la disposition de l'inspection du travail. Afficher les numéros et la procédure d'alerte est la traduction concrète de cette obligation, complétée par les consignes de sécurité incendie qui, elles, doivent être affichées (articles R4227-37 et suivants).
Aux endroits d'où l'on donnera l'alerte et où le personnel passe : à proximité du téléphone fixe, en cuisine, près de la trousse de premiers secours et du défibrillateur s'il y en a un, dans le local ou la salle du personnel. L'affiche doit être à hauteur de regard et lisible sans hésitation — en situation d'urgence, personne ne cherche un numéro pendant trente secondes.
Oui, c'est recommandé. Le 112 est le numéro d'urgence européen : il aboutit à un service capable de rediriger vers les pompiers, le SAMU ou la police, et il fonctionne depuis tout téléphone mobile, y compris sans carte SIM ou sans réseau de l'opérateur. Pour une clientèle étrangère ou un salarié qui ne sait pas quel service appeler, c'est le numéro le plus sûr.
Le 114 est le numéro national réservé aux personnes sourdes, malentendantes, aphasiques ou dysphasiques. Il ne s'appelle pas à la voix : on le joint par SMS, par tchat ou par visio, et il relaie ensuite vers le 15, le 17 ou le 18. L'afficher permet à un client ou un salarié concerné d'alerter les secours depuis votre établissement. C'est le numéro le plus souvent oublié sur les affiches vendues toutes faites.
Le Code du travail (R4224-16) vise l'employeur : sans salarié, cette obligation précise ne s'applique pas. Mais un restaurant reste un établissement recevant du public, soumis aux règles de sécurité incendie : les moyens d'alerte des secours doivent être connus et signalés. Afficher les numéros et l'adresse exacte de l'établissement reste donc fortement recommandé, ne serait-ce que pour vous-même en cas de malaise d'un client.
Trois blocs. L'adresse exacte de l'établissement (numéro, rue, commune, étage ou accès), à donner en premier aux secours. Les informations à transmettre : nature de l'urgence, nombre de victimes, état apparent, et ne pas raccrocher avant l'accord de l'opérateur. Enfin l'emplacement de la trousse de premiers secours et du défibrillateur, plus le nom des salariés formés (SST ou PSC1) s'il y en a. Les numéros seuls ne suffisent pas : c'est l'organisation de l'alerte que la loi vous demande.
Il n'existe pas de numéro national unique : les centres antipoison sont régionaux. Affichez celui dont dépend votre département — l'information est disponible sur le site du ministère de la Santé. En cuisine, où l'on manipule produits d'entretien et détergents, ce numéro a toute sa place à côté des numéros d'urgence classiques.
Le manquement aux obligations de santé et de sécurité relève de la contravention de 5e classe, soit 1 500 € d'amende (3 000 € en cas de récidive), et l'amende s'apprécie par salarié concerné. C'est l'inspection du travail qui la constate lors d'un contrôle. Au-delà de l'amende, l'absence d'organisation des secours peut engager la responsabilité de l'exploitant si un accident survient sans que l'alerte ait pu être donnée correctement.

Textes de référence : article R4224-16 et article R4224-14 du Code du travail, complétés par les consignes de sécurité incendie des articles R4227-37 et suivants. Revérifiés le 30 juillet 2026.

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